Preview Croatie – France : dompter le volcan
L’Équipe de France dispose d’une première occasion de valider sa qualification pour l’EuroBasket 2025 face à la Croatie vendredi soir (en direct à 20h sur DAZN). Une équipe qui jouera sa tête et a promis à ses invités un accueil brûlant.

En dehors de l’EuroBasket 1989 disputé à Zagreb, et au cours duquel l’Équipe de France avait été punie par la Yougoslavie unie et Drazen Petrovic, auteur de 30 points et 7 passes décisives en une seule mi-temps (!), les Bleus n’ont jamais eu l’occasion d’évoluer en Croatie depuis son indépendance en 1991.
La première promet d’être mémorable avec en toile de fond une salle Jazine de Zadar au centre de toutes les discussions depuis que la fédération locale a fait la demande à la FIBA d’y jouer son match de la dernière chance. En laissant échapper le point average lors de sa double confrontation de novembre dernier avec la Bosnie-Herzégovine, les Croates savent que leur ultime cartouche sera tirée vendredi soir. En cas de défaite, seul un improbable revers bosnien contre Chypre pourrait les sauver.
Les hommes de Josip Sesar donneront donc tout pour éviter une désillusion qui les éloignerait pour longtemps du gratin européen. Ils le feront, poussés par les ultras du club de Zadar à la sulfureuse réputation, dans une ambiance qu’on promet électrique. Le pivot croate de Nanterre Roko Prkacin en a glissé un mot à Pascal Donnadieu avant le départ et confirmé à Paul Lacombe que ses compatriotes débordaient d’optimisme avant d’affronter la France.
"Moi j’ai de très bons souvenirs de cette salle !", rigole de son côté Boris Diaw, qui n’a pas manqué de rappeler, lors du lancement du stage, que c’est au bord de l’Adriatique, il y a 25 ans, qu’il avait remporté l’Euro U18 avec ses compères Tony Parker, Mickaël Pietrus et Ronny Turiaf. Un quart de siècle ont passé depuis un match de légende, conclu victorieusement en double prolongation et ses successeurs voudront obtenir un résultat similaire. "Ils ont l’habitude de jouer dans des contextes très durs", estime Frédéric Fauthoux à propos de ses ouailles, certaines rompues aux joutes d’EuroLeague dans des salles comme celles de l’Etoile Rouge, du Partizan ou du Panathinaïkos.
Si on leur promet l’enfer, les Bleus n’en ont cure et se concentrent avant tout sur leur collectif et les forces d’une équipe qu’ils avaient relativement aisément maîtrisée il y a un an à Brest. Le secteur extérieur y était majoritairement présent (Albicy, Strazel, Cordinier, Luwawu-Cabarrot) mais la décoration intérieure va grandement évoluer (Lessort, Yabusele, Poirier sont absents) alors que les Croates alignent pour moitié la même formation. "C’est une équipe qui reste expérimentée avec l’habitude de jouer ensemble, avec une académie de jeu et une hiérarchie bien définie", analyse Frédéric Fauthoux. "Mario Hezonja (ndlr : la star du Real Madrid) reste leur gros point fort. D’autres jouent en EuroLeague, en Italie, en Espagne. Ils savent faire. Mais nous avons beaucoup d’armes pour les contrer." La Croatie sera, de plus, privée de deux éléments majeurs, le pivot Danko Brankovic et l’ailier Luka Bozic.
L’Équipe de France ne passera que quelques heures à Zadar puisqu’elle a atterri jeudi en début de soirée sur place, après un dernier entraînement à Nanterre. "C’est rentré dans les mœurs. Cela permet de rester au maximum dans une base où on a nos repères, de travailler plus sereinement en maîtrisant les horaires, l’environnement", précise son entraîneur qui a appris avec tristesse, sur le chemin de l'hôtel, le forfait de Victor Wembanyama pour la fin de saison NBA. Un calme sans doute aux antipodes de ce qui l’attend vendredi soir.